Ma Bibliothèque Bleue

Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe. Jules Renard

Le numérique à la rescousse des œuvres du XXe siècle

Devinette : quel est le point commun entre Christine Arnothy, Hervé Bazin, Max Gallo, Éric Neuhoff et Tonino Benacquista ?

Réponse 1 : ce sont des auteurs du XXe siècle
Réponse 2 : leurs œuvres, qu’elles soient littéraires, historiques deviennent introuvables et ne sont pas disponibles en numérique.

C’est un constat difficile, comment tant d’œuvres peuvent-elles disparaître alors que le XXe siècle, c’était juste hier ?

La société FeniXX a décidé de retrousser ses manches afin de numériser pas moins de 15 000 livres avant la fin de cette année 2015.

Logo FenixxFeniXX, c’est comme le phénix, oiseau mythique dont diverses légendes disent qu’il peut renaître de ses cendres, mais avec un F comme France et avec 2 X, comme XXe siècle. Facile à retenir, non ? En fait, plus sérieusement, il s’agit de l’acronyme de Fichier des Éditions Numériques des Indisponibles du XXe siècle.

L’objectif ? Sauver un patrimoine d’œuvres indisponibles publiées en France entre 1901 et 2000 pour le diffuser. Et des chefs d’oeuvres, il y en a eu le siècle dernier !

Vous connaissez mon attachement au numérique et à la lecture, vous comprendrez donc pourquoi je me réjouis de ce catalogue de plusieurs milliers de références.

Sachez que les livres peuvent être lus sur la majorité des supports numériques de lecture existants (ordinateurs, liseuses, smartphones et tablettes).
On y retrouve des romans, de la poésie, du théâtre, de la littérature jeunesse, mais aussi des œuvres de sciences humaines et sociales, d’histoire et de politique, des essais et mémoires, de l’économie et du droit.

Capture d’écran 2015-09-27 à 18.57.30

À terme, ce projet ambitieux devrait permettre à près de 500 000 ouvrages de revoir le jour.

À propos du catalogue FeniXX, Régis Habert, Directeur de la société, déclare :

« Ce projet permettra aux lecteurs du monde entier de redécouvrir des auteurs prestigieux, et d’explorer un siècle d’intense production éditoriale. »

Nous allons donc pouvoir retrouver les titres de la « Bibliothèque rose » et « Bibliothèque verte », ainsi que les « Sueurs froides », « Spécial Police », mais aussi les « Fleuve noir SF » dans une cinquantaine de librairies comme ePagine, Chapitre.com, Feedbooks, Mollat, Sauramps, Le Furet du Nord, Gibert Joseph. Le téléchargement s’opère via les sites internet des libraires ou les bornes présentes en magasin.

Afin d’améliorer le confort de lecture, FeniXX propose ces livres sans DRM (verrous numériques). Pour éviter le piratage, les ebooks sont protégés par un tatouage numérique. Les livres ont un prix moyen de 7 €. Les moins chers sont à 3.49 €.

Et les bibliothèques me direz-vous ? La bonne nouvelle c’est qu’elles pourront choisir tout ou partie du catalogue pour le présenter aux usagers. Idem pour les librairies.
Denis Mollat, Président de FeniXX, déclare :

« Le catalogue FeniXX offre aux libraires indépendants une opportunité exceptionnelle de conquérir le marché du livre numérique, dans lequel ils ont toute leur place. »

Notez que pour préserver les droits des auteurs et des éditeurs, le projet est mené sous l’égide du Syndicat national de l’édition (SNE) et en partenariat avec le Ministère de la Culture et de la Communication.
L’exercice des droits numériques sur les livres indisponibles est confié à une société de gestion collective agréée, la Sofia, représentant à parité les auteurs et les éditeurs.
Ainsi FeniXX numérise et commercialise les livres indisponibles soit en collaboration avec les éditeurs détenteurs d’une licence exclusive, soit en souscrivant directement une licence non exclusive auprès de la Sofia.

Moi je dis bravo pour ce projet d’envergure eXXceptionnelle !

 

Sabine Lauret
Ma Bibliothèque Bleue

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4 commentaires sur “Le numérique à la rescousse des œuvres du XXe siècle

  1. alicequinn2013
    28 septembre 2015

    Bonjour Sabine,
    Tu touches là un sujet brûlant pour les auteurs, car cette action de numérisation se fait actuellement au dépend de leurs droits.
    Je sais que tu as écrit cet article gagnée par une joie saine et naturelle devant la perspective de lire ces indisponibles, enfin, mais tu as été également aveuglée par le discours lénifiant donné aux médias par les instances organisatrices.
    Cette opération a été baptisée ReLire par les opérateurs en question.
    Il s’agit de la plus grande arnaque (disons les choses comme elles sont) organisée contre les auteurs, sous l’égide comme tu dis de quelques Autorités et pouvoirs publics, et une façon de contourner le droit d’auteur jamais encore attaqué depuis Beaumarchais.
    Il serait long d’en parler par écrit ici, mais je te renvoie à l’excellent article de Chris Simon sur la question dans le Mag des Indés: « Auteurs, réveillez-vous ! Des solutions avant que ReLIRE ne vous dépouille. »
    http://chrisimon.com/auteurs-reveillez-vous-des-solutions-avant-que-relire-ne-vous-depouille/
    J’ai eu moi-même la grande surprise de recevoir un jour une alerte me disant qu’il fallait, en tant qu’auteur, que je me rende sur la page ReLire vérifier moi-même si aucun de mes livres n’était dans la liste des livres éligibles à être numérisés d’office et que si ça ne m’interessait pas, il fallait que je me signale (et la beauté de la chose: il fallait que je prouve que j’en étais bien l’auteur), que j’avais 6 mois pour le faire sinon mes romans seraient numérisés et exploités.
    C’est tout de même un comble! Je l’ai donc fait, c’était compliqué et ça m’a pris plusieurs heures, simplement pour expliquer 1/ que j’étais l’auteur, 2/ que non je ne voulais pas qu’on me numérise, puisque je suis capable de le faire moi-même.
    Je me suis posé la question suivante: quand un auteur ne se manifeste pas, il est donc numérisé d’office. Donc les chiffres qu’on t’a communiqués sont faux car aucun contrat n’aura été passé avec cet auteur comment alors lui reverser ses droits d’auteur? De plus, jusqu’à présent, nul n’a le droit d’exploiter un livre jusqu’à plus de 70 ans après le décès de l’auteur, date où il passe dans le domaine public.
    Tu constateras toi-même que cette loi a été contournée.
    Monsieur Régis Habert, (je ne connais pas ce monsieur mais il doit avoir de bonnes entrées) de FeniXX, entériné par la SNE et le ministère de la Culture, a réussi à écorner ce droit fondamental.
    Je comprends ton enthousiasme en tant que lectrice, et dans l’ignorance des finesses de la chose, mais je crois qu’en te documentant de plus près, tu pourrais peut-être approfondir ton article, (le sujet en vaut la peine) faire un point et le nuancer? Avec tous les auteurs que tu connais tu aurais aussi leurs sons de cloche?
    Tu peux interroger François Bon et Chris Simon sur la question, et bien d’autres encore?
    Grâce à toi en tout cas j’ai pu savoir ce que devenait ce travail entrepris en 2013, et dont on n’entend plus beaucoup parler. Il faut dire que les auteurs ont tellement à faire pour défendre leurs droits de tous les côtés, qu’ils avaient oublié semble-t-il celui-ci!
    Quelques liens utiles pour des explications plus claires que les miennes ou pour signer des pétitions pour aider les auteurs:
    http://scinfolex.com/2013/03/24/de-la-loi-sur-les-indisponibles-a-la-base-relire-la-blessure-linsulte-et-la-reaction-en-marche/
    http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3447
    http://www.indisponibles.fr/

    Merci Sabine,
    à bientôt
    Alice ❤

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    • Sabine Lauret
      28 septembre 2015

      Tu m’intrigues Alice. Je vais donc plus me renseigner, car tu donnes un autre éclairage à ce projet.
      Merci d’avoir pris le temps de commenter mon article.

      J'aime

  2. Chris Simon
    28 septembre 2015

    Bonjour Sabine, je comprends que du point de vue du lecteur, cela parait un avantage, mais ce projet, qui découle en fait du programme ReLire donnant le droit aux maisons d’édition d’exploiter l’œuvre d’un auteur sans vraiment son accord puisque si un de ses livres n’est plus exploiter, ni par son auteur, ni par son éditeur en droit, dans les deux ans, n’importe quelle maison d’édition peut le publier. La rémunération des auteurs dans ce projet reste un point très nébuleux sur les versions numériques. Juste pour informer les lecteurs.

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    • Sabine Lauret
      28 septembre 2015

      Est-ce si simple que ça ? Chris, merci de ton commentaire. Il reste donc des points à éclaircir.

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Cette entrée a été publiée le 28 septembre 2015 par dans Articles.

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