Femme hors champ

cover« Ma mère était coupable. De faiblesse. D’inertie. De vie fade et gâchée. D’être un contre-modèle évident. Je ne voulais pas finir comme elle, derrière une vitrine remplie de marshmallows et de surgelés, à compter mes sous et à regarder Drucker le dimanche. »

J’aime lire les sagas familles et Femme hors champ est juste ce type de roman qu’on ne lâche pas une fois commencé.

On y retrouve des femmes de caractère : une grand-mère, sa fille et sa petite fille. De la seconde guerre Lire la suite

Gardien d’usine

couverturegardienusine« Je suis gardien d’usine. Comme mon père avant moi. Et comme mon fils le sera après moi. C’est ainsi. Notre famille donne des gardiens à ces cathédrales de béton et d’acier comme d’autres lignées fournissent leur main d’œuvre, et d’autres encore leur matière grise.
Tous les soirs à dix-neuf heures tapantes à l’horloge de la grande cour, je les mets sous clé, les bras et les cerveaux de mon hérédité. »

Je suis très heureuse de vous présenter mon  tout premier livre audio, découvert sur le site 15k.fr. 
J’avais tenté l’expérience audio il y a quelques années, mais mon attention ne restait pas fixée longtemps …
Avec 15K, le format est court, de 20 à 30 Lire la suite

La nuit du second tour

Eric Pessan La Nuit du second tour« A force de trahisons, à force de renoncements, à force d’immobilisme, à force de réalisme, à force de donner l’impression qu’ils n’y sont pour rien, à force de laisser croire qu’ils ne peuvent absolument pas influer sur l’ordre des choses, à force d’orgueil, à force de dédain, à force de morgue et d’ignorance, les partis politiques traditionnels ont fini par provoquer la catastrophe, se dit Mina. Elle vomit le mot pragmatisme. »

La nuit du second tour est un roman très fort, il a l’intensité de l’amour perdu, celui de David et Mina.

Eric Pessan nous fait le récit d’une tragédie sociale au travers les yeux de deux êtres qui se sont séparés.
David erre dans un Paris Lire la suite

L’amour à nu

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« Tout cela n’était pas désagréable, bien sûr. Mais ce n’était pas ma vie. Ce n’était pas de cela que j’avais rêvé. Et je me maudissais d’avoir pu croire, ne serait-ce qu’une minute, que je pouvais enfouir mes désirs les plus chers sous une couche de pâte feuilletée et de crème d’amande. »

Charlie Wat nous propose une comédie fraîche, drôle et divertissante avec L’amour à nu.
Son écriture est simple et directe, son récit fluide et sans temps mort.
Entre émotions et humour, l’auteur a réussi Lire la suite

Fanny N.

fanny-n« Je suis peut-être un peu juste pour ce qui est de la santé mentale, mais je ne suis pas une voleuse. Je ne viens pas au jardin pour voler des bébés. Je viens pour profiter de leur vue, de leur présence. Je viens pour profiter du moment. J’adore le spectacle des bébés. Pourquoi je devrais m’en priver ? Je ne suis pas maso ! J’aime les bébés, je viens en voir aujardin. Où est le mal ? Pour rien au monde, je ne voudrais prendre les bébés qui ne sont pas à moi. Même si je n’arrive pas à en avoir d’une manière ou d’une autre, je sais que ce n’est pas la bonne solution pour Fanny N. »

Si ce roman est signé Alice Quinn, autant vous dire de suite qu’il ne ressemble en rien à ce qu’elle a pu écrire jusqu’à présent. Fanny N. est dans un registre tout autre.
Les personnages sont torturés, le langage est Lire la suite

Les innocents

les-innocents-francesca-segal« Rachel l’avait observé avec inquiétude parler de plus en plus fort, suivant ses mains du regard tandis qu’il faisait de grands gestes, comme si cela pouvait lui permettre, lorsqu’elles seraient à nouveau au repos, de prédire son humeur comme une girouette lui aurait permis de prédire la météo. »

Le roman de Francesca Segal Les innocents, révèle une très belle écriture.
Le poids des traditions de cette communauté juive londonienne respire à chaque page et l’on y découvre des personnages aux profils psychologiques finement détaillés.

Une vie peut-elle volée en éclat pour une décision, un choix ? L’auteur Lire la suite

Orages

orages-estelle-tharreau« Une douceur de vivre émanait du paysage, des villages et de ces gens. La cordialité et la tranquillité semblaient être la clé de cette qualité de vie. C’était comme si on avait délibérément ralenti la vitesse d’une chanson. Pas beaucoup, non ! Juste assez pour mieux apprécier l’essentiel. Moi qui avais eu peur de perdre pied dans cette vie rurale, je commençais à l’apprécier. Je commençais à voir tout le temps que j’avais perdu dans mon ancienne vie ; cette vie trop rapide pour me laisser le temps de prendre du recul sur mon quotidien. »

Parfois, rien ne laisse présager de la violence d’un orage. Le roman d’Estelle Tharreau est aussi comme ça. Une couverture pas très engageante, un titre assez banal, une histoire qui commence  Lire la suite