Comme de vieux amis qu’on ne voit plus …

« Alors que la Nocturne no 1 en si bémol mineur de Chopin plongeait Mark Davisburry dans cet état si particulier d’« ébriété poétique », son regard dériva sur les dos des trois seuls ouvrages du bureau, rangés côte à côte dans un reliquaire aux courbes dorées et ouvragées : les livres des morts tibétain, égyptien et chrétien.
Il en avait étudié chaque ligne des nuits entières, espérant y trouver ce qu’il cherchait. Depuis, il les gardait là, en souvenir, près de lui, comme de vieux amis qu’on ne voit plus mais qui ont compté dans notre vie.
Un sourire nostalgique sur les lèvres, il quitta des yeux le reliquaire pour regarder en direction du seul objet réellement mis en valeur dans la pièce. »

Extrait de Nicolas Beuglet, « Le cri »le-cri