Ma Bibliothèque Bleue

Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe. Jules Renard

Jacques Saussey sous le feu des questions

 

jacques-sausseyJacques Saussey participe cette année au Trophée Anonym’us.

Découvrez son portrait à travers l’interview qu’il a accordé à la Team Anonym’us.

 

  • 1— N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?
    Écrire un roman est un processus long — un an environ en moyenne, en ce qui me concerne — pendant lequel des dizaines d’émotions différentes, et souvent complètement contradictoires, vous traversent l’esprit. On est loin du fleuve tranquille, de la balade le nez au vent. Si le plaisir de se mesurer à un projet excitant est incontestablement le moteur principal qui pousse un auteur à s’enfermer des centaines d’heures durant devant un écran en évitant toute interférence avec l’extérieur, on sait dès que l’on commence à coucher les premiers mots, que l’on va en baver pour traquer les moindres incohérences dans l’intrigue, dans le comportement des personnages, dans la logique de la succession des événements. En tout cas, si on ne s’en doute pas au moment oùl’on attaque son premier roman, on en est parfaitement conscient quand on parvient enfin à bout de cet incroyable Everest qu’on imaginait inaccessible jusque-là.
    2— Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?
    Au tout début, je pense qu’il y avait une part de curiosité envers moi-même. En serai-je capable ou pas ? Est-ce que ça tiendra la route ? Est-ce que je pourrai espérer donner envie de lire mes histoires ?
    Passé le premier roman, un nouveau cap apparaît. C’est fait, on en a écrit un. On en est capable. Ce ne sera sûrement pas le best-seller de l’année — il vaut mieux tout de suite éviter de se leurrer dans ce domaine, même s’il y a parfois d’heureux élus — mais cette question se pose plus. Vient alors la seconde, tout aussi angoissante. Serai-je capable d’inventer une autre histoire, une qui ne ressemble pas du tout à la première ? Et là, pour moi, commence le vrai travail de l’écrivain. Celui de créer un nouvel univers que celui qu’on a déjàconstruit. De se réinventer.
    Et une fois ce nouvel obstacle franchi, l’écriture n’effraie plus. Elle devient une compagne quotidienne, une amie intime qu’on ...  LIRE LA SUITE 

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Cette entrée a été publiée le 2 mars 2017 par dans Trophée Anonym'us, et est taguée , .

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