Ma Bibliothèque Bleue

Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe. Jules Renard

Le monde après la pluie

La dernière page tout juste tournée, les mots me manquent pour décrire les émotions que procurent un tel roman.
Savinien raconte sa vie comme un poème. Ses montagnes, ses brebis, ses amis, ses amours, ses espoirs et ses peurs.
Chaque mot possède sa couleur et prend tout son sens dans la narration de l’auteur.

« Villamorena, c’est une terre noire et belle, tellement douce quand les orangers sont en fleurs, qu’on voudrait s’y coucher et y mourir, en écoutant mugir la mer. »

Né avec le siècle, le berger parle bien sûr des étoiles, mais aussi de son voyage en Espagne, en 36, pendant la guerre. Le quotidien, les combats, le sang, la mort.

« Tous ces instants se gravèrent dans sa mémoire avec une précision indélébile; car il lui sembla voir le monde pour la première fois, dans toute la force de sa mécanique violente, absurde, ignoble et fascinante, qui soulève l’homme contre l’homme et change l’innocence en un plat pour les cochons. »

La sensibilité de Fabien Hertier est exceptionnelle, surtout lorsque l’on sait que cet écrit est celui de ses 16 ans. Les mots coulent, les phrases transportent le lecteur, la magie opère et nous laisse un doux sentiment d’euphorie contemplative au fil des pages.

Un roman à découvrir et qui invite à la relecture de quelques pages des Contemplations d’Hugo.

Résumé :
Alors que l’orage gronde, près du feu, Savinien, vieux berger de la vallée de Séderon, raconte…
Les collines et les vallées de haute Provence qui viennent se perdre dans la plaine de Madrid. Les marches forcées dans la pierraille et les champs d’herbe sèche, au milieu du ronronnement métallique des chars qui descendent vers la capitale Ibérique.
Les hommes ont souffert, ses compagnons de route sont tombés sous la mitraille. La guerre d’Espagne hante la vie solitaire de Savinien, le rongeant jusqu’au jour de la délivrance.

Lire les premières pages

Fabien HERTIER sera l’invité du café littéraire de L’Endroit le samedi 14 avril 2012.

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Cette entrée a été publiée le 28 février 2012 par dans Lecture, Roman, et est taguée .

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