J’ai découvert La Place du chat de Patricia Delahaie un peu par hasard, simplement attiré par son titre, qui m’a immédiatement interpellé. Sans attente particulière, je me suis plongée dans ce roman qui s’est révélé très différent de tout ce que j’avais pu lire auparavant.

Difficile de le ranger dans une catégorie précise : l’histoire surprend par sa construction et par la manière dont elle aborde ses personnages et leurs trajectoires. On y entre doucement, presque à tâtons, avant de se laisser porter par un récit singulier, qui échappe aux codes habituels du roman contemporain.
Au fil des pages, on oscille entre le rire, l’agacement et l’attachement. La relation entre la mère et la fille, au cœur du récit, est particulièrement troublante : tantôt touchante, tantôt irritante, elle ne cesse de se dérober au lecteur. Impossible de trancher définitivement, ni de savoir qui l’on doit aimer ou détester, tant cette dynamique familiale reste complexe et mouvante, jusqu’à la dernière page.
Ce n’est pas un coup de cœur à proprement parler, mais plutôt une lecture marquante par son originalité. Il y a quelque chose d’inclassable, presque déroutant, qui finit par intriguer et retenir l’attention jusqu’au bout.
La Place du chat est donc un roman atypique, que je recommande pour sa singularité et pour l’expérience de lecture différente qu’il propose.
Un livre qui sort des sentiers battus et qui mérite qu’on s’y attarde.
Résumé :
Jeune journaliste, Rose Pulzaire enquête sur Missy Becker, une retraitée parisienne qui a assassiné sa vieille mère à l’aide d’un petit couteau de cuisine.
Au fil des entretiens avec la détenue, Rose découvre l’histoire d’une femme meurtrie, fille invisibilisée d’une comédienne flamboyante, égocentrique et un peu escroc qui, lorsqu’elle se rappelait sa présence, l’entraînait dans des situations dangereuses, traumatisantes. Une mère absente et sans scrupule, dont l’État lui impose la garde puisque ni l’une ni l’autre n’a les moyens de financer une chambre en Ehpad.
Rose cherche à comprendre la relation entre les deux femmes, à distinguer le vrai du faux dans le discours de la charmante criminelle. Victime ou bourreau, qui est vraiment Missy Becker ?