
Avec Avant d’être des monstres, Katniss Hsiao m’a offert une découverte pour le moins originale : mon premier polar taïwanais. Et quelle étrange découverte ! Dès les premières pages, j’ai été séduite par l’importance accordée aux odeurs et aux sensations.
Cette dimension olfactive m’a d’ailleurs immédiatement fait penser au Parfum de Patrick Süskind. On retrouve cette fascination pour les odeurs, leur pouvoir sur les souvenirs, les émotions et les êtres humains, mais dans un univers résolument policier et contemporain. Une approche sensorielle assez rare dans le genre, qui donne au roman une véritable singularité.
J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cet univers et cette écriture, d’autant que le dépaysement est aussi culturel. Avant d’être des monstres sort clairement des sentiers battus et propose une atmosphère aussi intrigante qu’inquiétante.
Cependant, j’ai aussi rencontré quelques difficultés à aller jusqu’au bout du roman. J’ai parfois ressenti une certaine longueur, alors que j’avais envie que l’intrigue avance plus vite et que les réponses arrivent.
Une lecture en demi-teinte donc.
Résumé :
Yang Ning est dotée d’un nez ultrasensible, mais à la mort brutale de son petit frère, son odorat disparaît complètement. Employée dans une société de nettoyage post-mortem à Taipei, elle découvre que le seul moment où son sens olfactif se réveille, c’est en présence de la mort, des corps en décomposition. Et avec eux des souvenirs refoulés refont surface. Pour Yang Ning, renouer avec le monde des senteurs devient une drogue.
Un jour, un client l’appelle pour venir faire le ménage dans un appartement après ce qui semble être un suicide. Enivrée par la mission, elle passe à côté de l’essentiel – l’odeur du mal.